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Orthez

Pont Vieux dOrthez

Ville frontière et carrefour entre le Piémont Pyrénéen et la terre de Chalosse, les premières mentions de la ville d'Orthez datent environ de l'an 1000. A l'origine, il s'agit de deux bourgs developpés chacune autour d'une église : le Bourg-Vieux et le bourg Saint Pierre.
Le Bourg-Vieux, à vocation militaire, est pourvu d'un château. Placé au-dessus du gué du gave de Pau, il permettait de contrôler le carrefour des routes menant de l'Atlantique à la méditérannée et de l'Aquitaine à l'Espagne. Il est vite muni d'un rempart.
Le deuxième bourg, tourné vers le commerce, dispose d'un marché dans lequel est vendu le sel de la ville voisine de Salies.
Les deux bourgs fusionnent vers 1260 environ, et créent une sorte de conseil municipal. la fusion est symbolisée par le blason de la ville : un pont et les clés de St Pierre.
D'abord rattaché au vicomté de Dax, Ortès est rattachée au vicomté de Béarn sous le règne de Gaston VI de Moncade, en 1194.
Ortès succéde alors à Morlaàs comme capitale du Béarn. Elle le restera du XIIIème au XVème siècle.
Le bourg d'Ortès s'agrandit, et l'afflut de nouveaux habitants nécessite la construction d'églises, couvents et habitations vers 1250-1300.

Dirigée par les familles de Moncade puis de Foix, elle bénéficie d'une paix durable tout au long du Moyen-Age. La ville doit beaucoup à son bâtisseur Gaston VII de Moncade. Celui-ci donne sa devise à la cité, lorsque retranché derrière les murailles de son château, il lance au roi d’Angleterre ces fières paroles devenues la devise d’Orthez : « Toquoy si gaouses » (« Touches-y si tu l'oses »). Il fait notamment construire le Pont-Vieux, pont fortifié constituant l'un des rares points de franchissement permettant le passage des pèlerins et des marchandises sur le Gave en toute saison. Doté d'une "tour-porte", le pont était relié aux rives droite et gauche par des tabliers en bois facilement escamotables en cas de danger par les défenseurs. Il apparaît figuré sur les poids et les armoiries de la ville dès le 13e siècle. Gaston VII est également le bâtisseur du chateau de Moncade, dont la contruction démarre en 1242, et qui sera terminé par Gaston Fébus. Construit sur une butte culminant à 100 m d’altitude, il est protégé par 3 enceintes. Il possède un  fossé parementé doté d'une structure géométrique originale. 

Gaston Fébus, le "lion des Pyrénées", y est né le 31 avril 1331. Comte de Foix, vicomte de Béarn, c'est un prince médiéval de la Gascogne et du Languedoc, ainsi qu'un écrivain français. Il est le fils de Gaston II de Foix-Béarn, comte de Foix-Béarn et d'Aliénor de Comminges. Il entretient à Orthez une cour fastueuse, décrite par l'historien Froissart qui y séjourne en 1388. Grand bâtisseur, il protége ses terres par un nombre important de châteaux et places fortes, s’organisant du Béarn jusqu’à Foix (Bellocq , Sauveterre, Morlanne, Pau, Montaner, Mauvezin, Mazères, Foix). Il est alors nécessaire d’assurer la sécurité de ces terres convoitées par ses puissants voisins. D'un caractère violent on l'accuse d'avoir causé la mort de son propre fils: ce jeune prince, accusé d'avoir voulu empoisonner son père à l'instigation de Charles le Mauvais, est emprisonné dans la Tour Moncade, prison du château. Au cours d'une visite qu'il rend à son fils, Fébus perd son sang-froid et lui porte un coup mortel à la gorge, faisant ainsi disparaître son seul héritier direct en 1382. A la suite de cet acte malheureux, Gaston Fébus se réfugie au château de Pau où il écrit le « Livre des Oraisons »

Gaston Fébus - Mort de son fils

"Salies de Béarn et ses environs à travers les âges" par S. Trébucq - citation de Froissart

L'enfant refusait toute nourriture; le gardien avertir alors son maître.
"Monseigneur, par Dieu merci, prenez garde dessus votre fils, car il s'affame en la prison où il git. Je crois qu'il ne mangea oncques depuis qu'il y entra; car j'ai vu tout ce que je lui ai porté, tourné dans un endroit de la prison sans qu'il y ait touché." De  cette parole, le comte s'enfélonna; sans mot dire, il se départit de sa chambre et s'en vint vers la prison, tenant à la malheure un petit coutelas dont il appareillait ses ongles et les nettoyait. Il fit ouvrir l'huis et vint à son fils, et il tenait l'almelle de son coutel par la pointen et si près de la pointe qu'il n'en avait par hors de ses doigts l'épaisseur d'un gros tournois. Par maltalents, en boutant ce tant de pointe en la gorge de son fils, il l'asséna en je ne sais quelle veine et lui dit : "Ah ! traître, pourquoi ne manges-tu pas ?" Et après s'en partit le comte sans plus rien dire ni faire et rentra dan sa chambre. L'enfant fut sang-mué et effrayé de la venue de son père; outre qu'il étoit faible de jeûner et qu'il vit ou sentit la pointe du coutel qui le toucha à la gorge et rencontra une veine, il ne fit que se retourner d'autre part et incontinent il mourut.
A peine était rentré le comte dans sa chambre, quand nouvelles lui vindrent de ce qui venait de se passer. Celui qui administroit l'enfint vint au père et lui dit : "Monseigneur, Gaston est mort." Le Comte fut alors courroucié grandement, et moult fort il regretta son fils, en disant "Ah ! Gaston, comme male aventure il y a ici pour toi et pour moi ! Par grand malheure allas en Navarre voir ta mère. Jamais si parfaite joie n'aurai comme j'avais par avant." Lors, fit venir son barbier et se fit raire tout jus, et se vêtit de noir avec tous ceux de son hôtel. Et fut le corps de l'enfant porté en pleurs et en cris aux Frères-Mineurs a Orthez et là fut ensépulturé."

Livre de Chasse - Gaston Phoebus entoure de chasseurs Fébus est, en effet, un fin lettré et laisse également à la postérité un véritable traité scientifique sur la connaissance des animaux et les méthodes de chasse : « Le livre de la Chasse ». Cet ouvrage reste pendant des siècles la référence en la matière. Le naturaliste Buffon utilise ses observations zoologiques.

Il décède au cours d’une chasse à l’ours, à l’Hôpital d’Orion, frappé d’apoplexie à l’âge de 60 ans, le 1er août 1391.

En 1460, les institutions judiciaires et administratives, jusqu'alors basées à Orthez, sont transférées à Pau. La résidence des vicomtes de Béarn y est installée, malgré tout Orthez reste la plus grande ville de la Vicomté.

Au XVIè siècle, Jeanne d'Albret transforme le Béarn et Orthez en  fief protestant.

Celle-ci, convertie par Théodore de Bèze, abjure la religion Catholique et adhère à la Réforme en 1560. Mère du futur Henri IV, elle entre - par sa volonté d'imposer le culte protestant - en conflit avec son mari Antoine de Bourbon, Roi de Navarre. Celui-ci, devenu devenu chef des troupes catholiques meurt au siège de Rouen le 17 novembre 1562.

Jeanne d'Albret est alors complètement libre d'installer en Béarn le protestantisme. Dès le printemps 1563, Calvin envoie des ministres en Béarn. Inspirée par Raymond Merlin de Romans, des mesures sont prises : publication du catéchisme de Calvin en béarnais (1563), fondation d'une académie protestante à Orthez (1566), la rédaction de nouvelles Ordonnances ecclésiastiques (1566, 1571) et la traduction en béarnais du Psautier de Marot, par Arnaud de Salette (1568).
Un collège est donc installé à Lescar puis à Orthez au couvent des Jacobins, qui s'installent au couvent des Cordeliers. En 1566 le collège devient Académie. Orthez devient un important foyer du culte protestant.

Tour Moncade

Face aux oppositions qu'elle rencontre, Jeanne d'Albret gagne La Rochelle avec son fils pour y rejoindre Condé et Coligny. Charles IX voit dans cette retraite en milieu huguenots une révolte contre lui et décide de saisir les terres de la reine de Navarre et de mettre le Béarn sous sa protection.

Antoine de Lomagne, baron de Terride, est chargé de soumettre le Béarn et de le gouverner pour le roi de France. Bernard d'Arros ne peut s'opposer et il est abandonné par la plupart des seigneurs béarnais. Il est contraint de se retrancher dans Navarrenx. Terride occupe tout le pays, rétablit le culte catholique et commence le siège de Navarrenx (défendue à peine par 500 hommes) le 24 mai 1569. Jeanne d'Albret charge le comte de Montgomméry de former une armée de secours et de délivrer Bernard d'Arros. Montgomméry recrute en Albigeois et en Quercy et mène une campagne foudroyante. Il pénètre en Béarn le 6 août 1569.

Le 9 août 1569 il est devant Navarrenx. Terride, à son approche, a levé le siège et s'est retiré à Orthez où, le 15 août, il doit capituler. Les deux armées s'affrontent lors de la bataille d'Orthez, et font un terrible carnage : habitants tués, maisons brûlées, moines et prêtres jetées du Pont-Vieux par "la finestre deus capéraas". Les chefs dont Terride et Gerderest sont amenés à Navarrenx ou à Pau, six d'entre eux sont tués pour crime de lèse majesté. Le culte réformé est rétabli partout. Montgomméry proclame le 2 octobre 1569 à Salies la saisie de tous les biens d'église. Il quitte le Béarn fin octobre laissant pour lieutenants généraux le baron d'Arros et le baron de Montamat qui abolissent l'exercice de la religion catholique le 28 janvier 1570. Prêches et baptêmes par un ministre sont obligatoires, les prêtres doivent choisir entre apostasie ou exil. 

Jeanne d'Albret meurt à 44 ans le 9 juin 1572, peut-être de tuberculose.

Orthez reste une ville importante du Béarn jsuqu'au rattachement de celui-ci au royaume de France par Louis XIII en 1620.

Au XIXème siècle, les environs d'Orthez sont de nouveau le théâtre d'affrontement. La retraite des armées napoléonniennes en Espagne, suite à la défaite de Vittoria, amène dès la fin de 1813, les Anglo-Espagnols menés par Wellington à envahir le Sud-Ouest de la France. Ceux-ci franchissent le gave de Pau en aval d’Orthez. Se déroule alors le 27 février 1814, entre Orthez et St Boès la bataille d'Orthez, qui voit la victoire des troupes anglo-portugaises du duc de Wellington sur l'armée napoléonienne de Maréchal Soult.

 Bataille d'Orthez

Bataille d'Orthez - Tableau anglais
"The martial Achievements of Great Britain and her Allies; from 1799 to 1815" James Jenkins (1814-1815)
Source : Collection A. Pigeard (
Bataille d'Orthez)

 

 

Lieux d'un évènement au moins de la vie de  :

 

Sources :

- Promenade en Béarn et en Pays Basque
- "Le Guide du Béarn" de Louis Laborde-Balen ed La Manufacture

- Wikipédia  
- CG64
- Site du diocèse de Bayonne
- Bataille d'Orthez
-
lebearn.net  

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