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Le Béarn

Blason Béarnais

Le Béarn est peuplé avant le VIème siècle avant J.C par les Ligures, peuple protohistorique, qui semble avoir été composé de laboureurs et d'artisans. Au Vème siècle avant notre ère, le peuple Ibère - qui provient de la péninsule ibérique - entre en Gaule. Leur avancée vers le Nord est contenue par les Celtes : ils se fixent dans le pièmont pyrénéen. L'une de leur tribu, les Bénarnis ( ou Vernani ou Beneharni ), s'installe dans un petit territoire comprenant une partie de la vallée du gave de Pau et donne son nom à la première capitale de la région : Beneharnum (qui deviendra Lescar). Avec les Iluronenses autour d'Iluro (Oloron), les Oscidates montani (de la vallée d'Ossau), les Suburates (Soule) et les Tarbellis (vers Dax et Orthez), les Benarnis occupent une région regroupant les villes actuelles d'Oloron, Lescar, Orthez, Aspe, Ossau, Barétous ainsi que la Soule. Ils appartiennent alors au peuple Aquitain.



La période romaine :

Mosaique Gallo Romaine de Lescar - Villa St Michel - fin IIIème siècle Après avoir tenu en échec par deux fois les légions romaines du légat Preconinus puis du pro-consul Manilius, le pays est en grande parti envahi lors de la conquête des Gaules. Le général Crassus gagne en 56 avant J.C. le siège de l'oppidum de Sos face aux Sotiates, puis la bataille de Bégaar. Jules César lui-même termine la conquête des dernières poches de résistance dans les hautes vallées des Pyrénées Occidentales en 51 avant J.C.. Le territoire appartient alors à une région nommée Novempopulanie ou Aquitania novempopulana ( le territoire des neufs peuples).
Quelques révoltes des aquitains sont à signaler : en -38, qui donne lieu à l'intervention du général Agrippa, en -35 pour laquelle intervient le consul Valerius Massena. La province d'Aquitaine est créée en -27 par Auguste, elle s'étend des Pyrénées à la Loire et n'est pacifiée qu'en 15 avant J.C.

Les Romains s'installent et mettent en place, comme dans le reste de leur empire, les éléments principaux de leur civilisation. Ils développent en particulier les échanges commerciaux en construisant des routes, des ponts, exploitent les ressources naturelles (marbres pyrénéens) ... . Ils installent des villas romaines ( villae) et introduisent de nouveaux modes d'agriculture : les Romains ajoutent à l'élevage - principal activité agricole - la culture des céréales et celle de la vigne (notamment sur les côteaux de Salies et de Bellocq). La langue latine s'implante, et c'est le début de la christianisation de la région, qui se répand en longeant les voies romaines.

Bréviaire dAlaricL'affaiblissement de l'Empire romain d'Occident entraîne de nombreux mouvements de populations, et favorisent les invasions des "peuples barbares". La Novempopulanie n'est pas épargnée. En 276, les Alamans mènent un raid sur l'Aquitaine : la ville de Bordeaux est rasée. Les aristocrates romains fortifient peu à peu leurs villae. Au début du VIème siècles, la pression des incursions de différents peuples (Ibères, Vascons ) conduisent les romains à abandonner les Pyrénées et se réfugier derrière de nouvelles frontières (limes) constituées de l'Adour et des Gaves. La défense militaire est dirigée par les ducs (dux), ou des comtes (administrateur d'une cité).
En 313 un édit de tolérance de l'empereur Constantin met un fin aux persécutions contre les chrétiens, et le christianisme devient religion d'Etat en 382.
L'évangélisation chrétienne est menée en Béarn notamment par Julien, premier évêque connu de Beneharnum vers l'an 400.

L'hiver 406 est particulièrement froid : le Rhin gèle, les glaces permettent aux peuples Vandales, Alamans, Alains, Quades ou Suèves de déferler sur la Gaule et l'Aquitaine, jusqu'en 409.

Le royaume Wisigoth :

Royaume WisigothLa région est ensuite conquise par les Wisigoths, peuple originaire du Danube. Ils sont environ 30 000 à errer depuis une quarantaine d'années. Les Wisigoths pillent Rome en 410, puis arrivent en Narbonnaise en 413. Ils créent un territoire fédéré de l'Empire romain, comprenant le Sud-Ouest de la Gaule et l'Espagne, avec Toulouse pour capitale. Ils sont ariens, c'est-à dire chrétiens suivant la doctrine d'Arius, qui réfute la Sainte Trinité  : Jésus est né homme et divinisé à sa résurrection. Ils sont pour cela considérés comme polythéistes et condamnés pour hérésie au concile de Nicée de 325. L'arianisme est  populaire en Orient, mais rejeté chez les peuples d'Occident.
La Novempopulaine est associée au royaume wisigoth en 470. Le roi est alors Euric, qui fait mettre par écrit les coutumes Goths (le code d'Euric). Il  combat le pouvoir des évêques catholiques en les persécutants.
Son fils Alaric II lui succède en 484. Il améliore l'organisation administrative du royaume wisigoth, notamment en promulguant en 506 le Bréviaire d'Alaric, code de loi destiné à ses sujets gallo-romains. Ce code est directement inspiré du code Théodosien, publié en Orient en l'an 431 par l'empereur Théodose, recueil des lois promulguées par les différents empereur romains. Il tente d'améliorer les relations avec les peuples gallo-romains de son royaume, mais le différent religieux est trop important entre ariens et catholiques. Face à la montée de la menace franque, Alaric conclue une alliance avec son beau-père Théodoric, roi des Ostrogoths. Mais Clovis, roi des Francs, trouve un avantage important  à s'allier avec l'Eglise catholique, et  mène la guerre contre les Wisigoths ariens au nom de l'orthodoxie.
Une partie de l'armée Wisigoths est en Espagne, Alaric II y menant une guerre de conquête. Affaiblis, les Wisigoths sont défaits par l'armée franque en 507, à la bataille de Vouillé. Clovis l'emporte en combat singulier face à Alaric, les Wisigoths sont repoussés jusque dans la péninsule ibérique.

La Vasconie :

Roncevaux : la mort de RolandLa présence franque s'affaibli tout au long du VIème siècle. Vers 580, le peuple Vascons, peuple ibérique non latinisé, venu de la Navarre espagnole, envahit à son tour le Béarn. La Novempopulanie devient alors la Vasconia, puis Gasconha, qui deviendra la Gascogne.
En 602 l'armée franque de Childéric reconquièrent le territoire, l'Aquitaine devient un duché. Malgré tout les Vascons sont peu soumis aux Francs. Le territoire doit être reconquis à chaque succession.
La Vasconie n'intéressant pas les rois mérovingiens, elle reprend son autonomie sous le règne des rois fainéants. Malgré tout, les Vascons et les Aquitains romanisés sont fédérés en 668 par Lupus (Loup Ier), qui devient duc d'Aquitaine et de Vasconie en 668.
Son successeur Eudes doit mener la guerre contre les invasions arabes, mais est vaincu à Bordeaux par Abd el Rahman. Il s'allie avec Charles Martel, ce qui leur permet de vaincre les Maures à Poitiers en 732, et de repousser les Sarrasins jusqu'en Espagne.
La succession d'Eudes est difficile, la Vasconie est à nouveau sous contrôle franque. Charlemagne prend le contrôle de la Vasconie en 769. Malgré cela les Vascons déciment l'arrière garde de son armée à Roncevaux, le 15 août 778, et tuent son neveu Roland.
Les Vascons sont ensuite dirigés par Sanche Loup et ses descendants. Les partages successifs de la Gascogne en font une mosaïque de seigneurie indépendantes, qui reconnaissent ou non la souveraineté des ducs suivant le jeu des alliances et les circonstances du moment. C'est à l'occasion de ces morcellements que nait au IXème siècle la Vicomté de Béarn, ainsi que l'Aragon, la Bigorre, le Comminges, la Soule.
En parallèle à ces querelles de succession, ont lieu les invasions Vikings. les Normand s'installent au port de Bayonne, à partir duquel ils lancent des expéditions en Béarn, en remontant le gave de Pau. Leurs raids sont accompagnés du pillage et de la destruction de nombreuses villes et villages. Bénéharnum est brûlée et rasée. Leurs incursions durent jusqu'au XIème siècle, date à laquelle ils sont battus en bataille rangée près de Castets.

Le vicomté de Béarn - Les Centulles :

Vaches BéarnaiseLe premier souverain officiel du Vicomté de Béarn est Centulle Ier. Le Béarn est alors délimité par la plaine du gave de Pau et ses affluents rive gauche, le Vic Bilh, une partie de la région de Garlin, de Thèze, d'Arzacq, d'Arthez, le pays de Soubestre, Morlaàs et le Navailles. Les armes de Centulle sont "d'or, aux deux vaches de gueules accornées, colletées et clarinées d'azur, passant l'une sur l'autre". Elles sont reprises par les dynasties successives et deviennent les armes du Béarn. Il est le fondateur de la dynastie des Centulles : les souverains successifs de prénomment tous Centulle ou Gaston.

Denier de CentulleL'économie locale est principalement basée sur l'élevage, bovin en plaine et ovin en montagne. Les terres sont de mauvaise qualité et peu cultivées. Les Vicomtes sont en règle général favorables à l'église romaine, les églises et les monastères se multiplient.
A partir du milieu du XIème siècle, les Vicomtes agrandissent ce territoire, par mariage ou par conquête. Ils s'attribuent donc la régions d'Iluro (Oloron) avec les vallées d'Ossau, d'Aspe et de Barétous par mariage, ainsi que le pays d'Orthe et la région de Salies. Le Béarn se détache sous Centulle V de son lien de vassalité avec les Ducs d'Aquitaine, la vicomté est complètement séparé de la Gascogne. Après la destruction de Lescar par les Vikings, Morlaàs devient la capitale. Le Béarn devient un pays souverain et ses Vicomtes frappent monnaies surtout à partir de Centulle IV : les Deniers de Centulle, ou sou de Morlan. Ce monnayage dure jusqu'au XVème siècle. Il était frappé au château de la Hourquie Deniers de Centulle à Morlaàs.
Centulle V accorde à la ville d'Oloron une "lettre de population", qui sera à l'origine du For d'Oloron, qui sera par la suite incorporé aux Fors du Béarn.Il est un grand partisan de la réforme grégorienne, et entame la construction de l'Eglise Sainte-Foy de Morlaàs, première église romane du Béarn. Il est qualifié par le pape Grégoire VII de amator justitiae, defensor pauperum, propagator pacis (soutien de la justice, défenseur des pauvres, soutien de la paix). Il participe à la Reconquista espagnole et prend part en 1079 au siège de Saragosse, puis à la prise de Huesca en 1090, mais meurt assassiné. Son fils Gaston IV Centulle le Croisé lui succède.

Eglise Ste Foix de Morlaàs - XIème siècleGaston IV le Croisé est l'un des souverains les plus remarquable de cette époque. Il participe à la première croisade de 1096 à 1099 en intègrant l'armée de Raymond de Saint Gilles, comte de Toulouse dans laquelle il se distingue par sa combativité et son ingénuisité dans l'invention de machines de guerre. Il revient en Béarn en 1101. Il est également un administrateur. Il développe les voies de communications du Béarn, en créant notamment le Eglise Ste Foix de Morlaàs - XIème siècle - Portail réseau des chemins de Compostelles pour faciliter le passage des pélerins, fait construire de nombreux édifices militaires et religieux, ainsi que des hôpitaux pour lutter contre les maladies ramenées par les chevaliers du Proche-Orient, telle que la lèpre. Il légifère également en faisant rédiger notamment les premiers Fors de Morlaàs. Il s'agit de "coutumes" régissant les rapports entre le vicomte et ses sujets, qui limite la puissance du prince. Cette charte précise les droits et obligations de chaque béarnais. Gaston IV veut ainsi favoriser le peuplement en garantissant aux serfs un certain nombre de liberté individuelles, dans les droits de succession, l'inviolabilité du domicile ... D'autres villes de la vicomté demandent très vite à être peuplées "aux Fors de Morlaàs" (Pau, ...).
Gaston IV  prête également assistance  à son cousin  Alphonse Ier le Batailleur, roi d'Aragon, dans son combat contre les Maures. Ses capacités guerrières lui confèrent un grand respect auprès des espagnols, et reçoit les titres de Vicomte et Pair d'Aragon. Il augmente son territoire par son mariage en y ajoutant la région du Montanérès (Montaner). Il meurt au cours de la Reconquista, en Andalousie en 1131, tué dans une embuscade près de Grenade.

Le vicomté de Béarn - Les Gabaret :

Le fils de gaston IV, Centulle VI, lui succède mais meurt sans descendance en 1134 à la Bataille de Frage, en participant lui aussi à la Reconquista. Il est le dernier Vicomte de la dynastie des Centulle.
Sa soeur Guiscarde avait épousé Pierre, Vicomte de Gabaret, dont elle avait eu un fils Pierre II, qui hérite de la Vicomté de Béarn. Pierre meurt en 1153, en laissant deux enfants, Gaston et Marie. La régence est assurée par Guiscarde, mais elle décède en 1154. La tutelle est alors assurée par Raimond-Bérenger IV de Barcelone, ce qui place la Vicomté de Béarn en vassal du royaume d'Aragon (lors de l'Hommage de Canfranc en 1154). Gaston V épouse en 1165 Sancha de Navarre, fille du roi de Navarre, mais se fait moine de l'Ordre de Malte et meurt sans descendance le 30 avril 1170.

Le vicomté de Béarn - Les Moncade :

Alphonse II roi d'Aragon choisit alors le seigneur catalan Guillaume de Moncade pour épouser la soeur de Gaston V, Marie de Béarn, et devenir le prochain Vicomte de Béarn. Mais le notables béarnais se rebellent et désignent un noble du Comté de Bigorre comme dirigeant. Ils l'exécutent par la suite pour n'avoir pas respecter les fors béarnais. Ils désignent ensuite un seigneur auvergnat qui subit deux ans après le même sort pour les mêmes raisons. De son côté, Guillaume ne parvient pas à lever une armée pour conquérir le Béarn. Marie se réfugie dans un monastère à Santa Cruz, avec ses deux fils jumeaux qu'elle vient de mettre au monde. En 1173 les notables béarnais lui envoient une délégation, et lui demandent de leur confier un de ses fils pour devenir le prochain Vicomte de Béarn : elle leur confie l'ainé qui deviendra Gaston VI, premier de la dynastie des Moncade.

Bataille de MuretGaston VI est déclaré majeur à 14 ans, après une période de régence aragonnaise. Il prête hommage à Huesca au roi d'Aragon.
Il règle les conflits avec ses voisins de la Vicomté de Dax, en échangeant les territoires de Mixte et Ostabarret en échange de la cité d'Ortès. Il épouse en 1196 sa cousine Pétronille, héritière du Comté de Bigorre ainsi que la Vicomté de Marsan.
Allié de la courronne d'Aragon, Gaston VI s'allie au Comte de Toulouse Raymond VI et aux catalans pour lutter contre la croisade contre les albigeois menée par Simon IV de Montfort, ce malgré l'interdiction qui lui en a été faite par le pape. Gaston perd dans les combats la Vicomté de Brulhois. Il est excommunié par le concile de Lavaur et ses terres sont déclarées sans seigneur par le pape, en raison de sa désobéissance et de son engagment dans les combats.
Le roi d'Aragon Pierre II a pour but de créer un grand état de chaque côté des Pyrénées, et croit y parvenir lorsque Gaston VI lui renouvelle son hommage, ainsi que les Comtes de Foix, de Comminges et de Toulouse. Mais l'armée catalane est défaite à la Bataille de Muret le 12 septembre 1213, Pierre II est tué. Le roi d'Aragon, par excés de confiance n'avait pas laissé le temps à tous ses vassaux d'arriver, Gaston VI n'a pas participé à la bataille.
Le pape accorde l'année d'après son pardon à Gaston, en échange du don à l'évêque d'Oloron de la seigneurie de Sainte Marie et du hameau de Saint Pé. Il récupère le Vicomté de Brulhois. Gaston VI meurt en 1214 sans descendance. C'est son frère jumeau Guillaume-Raymond qui lui succède, la Bigorre revenant à sa veuve Pétronille.

Guillaume-Raymond avait hérité de son père les seigneuries de Moncade et de Castelvieil. Il y ajoute donc à la mort de son frère les vicomtés de Béarn, de Gabardan et de Brulhois. Il perpétue l'effort d'administration de ses prédecesseurs avec les Fors de Morlaàs en 1220 et établi une cour de justice de douze jurats, la "Cort Majour de Béarn". La charge de ces jurats devient vite héréditaire, les bénéficiaires prenant le titre de Baron, Juge ou Baron-Jugeur et deviennent l'élite de la noblesse béarnaise. Il meurt à Oloron en 1224.

Son fils Guillaume lui succède (Guillem de Montcada). Celui-ci laisse la gestion du Béarn à la Cour Major, et part guerroyer contre les Maures en Espagne. Il promet au représentant du roi d'Angleterre de lui prêter hommage pour ses terre situées en Aquitaine, dont le Béarn. Il meurt lors de l'invasion de l'île de Majorque en 1228.

Carte des bastides de la proncipauté de Béarn


Le fils de Guillaume, Gaston VII le Grand, devient à son tour Vicomte de Béarn, en 1229. Son règne marque un tournant dans l'histoire du Béarn. Beaucoup plus présent que ses prédecesseurs dans la Vicomté de Béarn, il fait construire le pont fortifié d'Ortès (le Pont-Vieux), la tour de guêt et le château Moncade.Orthez devient alors la capitale du béarn. La présence anglaise en Guyenne le pousse à fortifier ses frontières : c'est le début de la construction de nombreuses forteresses et bastides.

Les Bastides

Les bastides sont des centres de peuplement protégés par une enceinte fortifiée. Elles sont bâties de façon géométriques, avec des rues se coupant à angle droit. A chaque maison est associée un casaü, petit jardin. Les bastides sont entourées de murailles. Leur centre est occupée par une place dans laquelle est construite une halle couverte. Leurs habitants (les poublans ou colons) sont automatiquement affranchis, et bénéficient de l'application du For de Morlaàs.
La fondation d'une bastide fait l'objet d'une charte des coutumes. La cité est dirigée par des jurats.
La construction des bastides fait partie d'une volonté de réorganisation de l'espace rural.


Gaston VII prête hommage dans un premier temps à Henri III d'Angleterre, mais entre très vite en conflit avec lui. Ne pouvant lutter contre le souverain anglais, il reste maintient un statut quo pendant trente ans, avant d'affronter le fils d'Henri III, Edward Ier. Emprisonné à Londres en 1276, il cède encore et est libéré contre la promesse de ne plus s'opposer à la domination anglaise, ce qu'il fera jusqu'à sa mort en 1290.
Gaston VII décède sans postérité masculine : son gendre le Comte Gaston Ier de Foix lui succède, marquant l'alliance des maisons de Foix et de Béarn.



La dynastie de Foix-Béarn
:

Pont Vieux dOrthez,sur le gave de Pau Le Béarn est ensuite dirigé pas Gaston II de Foix-Béarn, fils de Gaston Ier et de Jeanne d'Artois, qui meurt à Séville en 1343. Il avait épousé Aliénor de Comminges, avec lequel il a un fils :  Gaston III de Foix-Béarn dit Fébus.
Gaston Fébus nait à Orthez, au château de Moncade,  le 30 avril 1331. Il a douze ans à la mort de son père en 1343, sa mère assure la régence jusqu'à ses 14 ans, lorsqu'il atteint sa majorité. Sa situation est complexe : il doit hommage au roi d'Angleterre  Edouard III pour ses possessions occidentales (Vicomté de Béarn, de Marsan, de Gabardan), mais est vassal du roi de France Philippe VI de Valois pour ses possessions orientales (le Comté de Foix, les basses-terres albigeoises, le Lautrec, le Nébouzan et la région de Saint-Gaudens).

Cette situation particulière permet au Comte de Foix de rester neutre, aucun des deux puissants rois voisins n'ayant intérêt à ce que Fébus prenne partie pour son adversaire. Cela permet au Béarn de rester à distance des conflits tout au long de la guerre de Cent Ans. Gaston déclarant le 26 septembre 1347 qu'il ne tient le Béarn "que de Dieu et de son épée" : il ne prête plus hommage au roi de France pour la terre de Béarn. Sa devise illustre bien sa vision des choses : "Toquey si gaouses" (Touches-y si tu oses). Elle deviendra également la devise de la ville d'Ortès.
Gaston est un administrateur, un guerrier, et un fin stratège. Il fait construire de nombreuses places fortes pour protéger son territoire et assurer sa neutralité en ces temps troublés.
Veuf de sa première femme Myriam de Foix, Gaston Fébus épouse le le 4 août 1349 à Paris Agnès de Navarre, fille de Philippe III de Navarre et de Jeanne II de Navarre, fille du roi de France Louis X le Hutin et de Marguerite de Bourgogne. Il semble que Myriam ait été empoisonnée par le frère d'Agnès, Charles II de Navarre dit Charles le Mauvais.

Chateau de MontanerGrand guerrier, Gaston Fébus, le "Lion des Pyrénées" part régulièrement guerroyer. En 1345, il combat les anglais, en 1356, il part combattre les païens en Prusse avec les Chevaliers Teutoniques.En 1358, il participe également à la répression de la grande Jacquerie - soulèvement paysan - et à la délivrance de la cour de Meaux.
En 1362, Gaston répudie sa femme, dès le lendemain de la naissance de leur fils Gaston. Agnès est chassée du Béarn, sans biens, elle va se réfugier chez son frère Charles roi de Navarre dit Charles le Mauvais.
Vue aérienne du château de MontanerLa famille d'Armagnac est ennemie héréditaire de celle des Comtes de Foix, et en janvier 1360, le Comte d'Armagnac et son gendre, Jean de Poitiers, Duc de Berry, envahissent le comté de Foix. le conflit dure jusqu'en décembre 1362, lorsque Gaston remporte la bataille de Launac et capture les chefs Armagnacs, dont le comte Jean Ier. Il le libère contre une énorme rançon, qui lui permet d'entretenir une cour fastueuse ainsi que d'élever ou de consolider ses places fortes. Il renforce le château de Bellocq, d'Ortès, de Sauveterre, de Morlanne, de Mauvezin, de Foix, ..., refonde celui de Pau, et surtout construit la forteresse de Montaner. Celle-ci devient le centre du dispositif de défense du royaume que Gaston a mis en place, étendu du pays de Foix à la Soule.

Gaston Fébus est également un grand administrateur. La guerre ayant désorganisé le commerce autour de la Garonne, le commerce se développe le long des Pyrénées, enrichissant le pays de Béarn. Il organise des transactions de produits de luxe entre Montpellier et le port de Bayonne, et retire de gros revenus des taxes sur ces transactions. D'autre part, Gaston modernise son administration, en organisant des recensements des feux (foecs) ( le Dénombrement de 1385, qui lui permet d'organiser la levée d'un impôt annuel par foyer), il organise les rôles militaires ... Le servage n'existe pas en Béarn, et Gaston rend la justice au plus humble jusqu'au plus puissant, en évitant les sentences de mort, qui diminue le nombre de contribuables ...
Gaston Fébus propage sa gloire grâce à la musique et au chant, et fait d'Orthez un centre musical où l'art nouveau était à l'honneur. Il y entretient toute une cour de ménestrels, musiciens, jongleurs, chanteurs, conteurs et danseurs. Il se constitue une collection de manuscrits enluminés.
Jean Froissart fait partie des admirateurs du prince, il magnifie la cour d'Orthez dans ses "Chroniques" et son ouvrage "Voyage en Béarn". Le chroniqueur arrive à la cour d'Orthez le 25 novembre 1388, et s'y installe pour douze semaines. Gaston gagne la confiance de l'écrivain, qui participera à travers ses oeuvres à agrandir l'aura du prince béarnais.

Livre de chasse : Gaston Fébus entouré de chasseursCependant, un drame prive le prince de Béarn de son seul descendant légitime. Ayant tenu à l'écart du pouvoir le clergé et une bonne partie de la noblesse, un complot se met en place, soutenu par le roi de Navarre Charles le Mauvais. Le fils de Fébus et d'Agnès, Gaston, participe au complot et tente d'empoisonner son père. Découvert avant d'avoir pu mener à bien la conspiration, il est jeté en prison dans la tour Moncade du château d'Orthez. D'un tempérament violent, Gaston Fébus cause la mort de son fils au cours d'uns visite qu'il lui rend, en lui portant un coup à la gorge qui s'avèrera mortel (voir description de cet épisode par Froissart) . Le Comte de Foix est anéanti par son geste : il quitte Orthez pour son château de Pau, où il rédige un livre mystique, "Livre des Oraisons", le premier du genre rédigé par un laïc. Il s'agit d'un recueil de prières, dans lequel il demande pardon à Dieu pour la mort de son fils.
Manuscrit du Livre de chasse Après trois ans d'exil volontaire, Fébus revient à Orthez. C'est là qu'il confirme son staut d'écrivain de talent, en démarrant la rédaction d'un traité de vénerie célèbre. En effet, Gaston est considéré comme un des meilleurs chasseurs de son époque, la vénerie et la fauconnerie étant ses grandes passions : il entretient une meute de 1600 chiens. Son traité, le "Livre de chasse", se fonde sur l'observation précise de différents genres d'animaux. Ce livre est divisé en 85 chapitres, très richement illustré par des enluminures représentant le bestaire pyrénéen. Dicté en béarnais à un copiste entre 1387 et 1389, qui le transcrit en langue d'oïl, le livre reste une référence pendant des siècles : Buffon l'utilisera à la fin du XVIIIème siècle et le traité sert encore de manuel d'histoire naturelle jusqu'au XIXème siècle.
C'est d'ailleurs à la suite d'une chasse à l'ours que Gaston Fébus meurt d'une attaque d'apoplexie, qui restera l'un des princes les plus célèbre du Béarn, le 2 août 1391, à l'Hôpital d'Orion, à l'âge de 60 ans.

Gaston Fébus avait testé dans le traité de Toulouse en faveur du roi de France Charles VI le Bien Aimé. Mais Jean Ier d'Aragon refuse de laisser le royaume de France s'emparer du territoire pyrénéen : il fiance sa fille Jeanne au petit-neveu de Fébus : Mathieu de Foix-Castelbon. Durant les deux ans qui suivent, des négociations ont lieu entre le roi d'Espagne et Charles VI, qui amènent le souverain français à abandonner le traité de Toulouse, annulé par une lettre rédigée à Tours le 20 décembre 1391. C'est donc la branche cadette des Foix-Béarn qui reprend la succession, Mathieu rendant hommage au roi de France pour le Comté de Foix.
Le nouveau prince de Béarn ne règne cependant pas longtemps : il décède en août 1398 sans descendance.
 

La dynastie de Foix-Grailly :

Armoiries de Foix BéarnLa soeur de Mathieu,  Isabelle de Foix-Castelbon, lui succède. Epouse depuis 1384 de Archambaud de Grailly, sa succession pose problème, son époux soutenant la cause des Anglais et du Roi de Navarre face au Roi de France. Charles VI s'oppose donc au au règne d'Isabelle et s'empare d'une partie du comté de Foix, prenant en otage les deux fils du couple. Un trêve est cependant conclue, les fils rendus à leurs parents, l'hommage rendu par Archambauld le 2 mars 1402 au Roi de France pour le comté de Foix. Celui-ci est nommé en 1412 Capitaine-Général du Languedoc.
En 1412, leur fils Jean prend la succession sous le nom de Jean Ier de Foix-Béarn-Grailly. Il acquière le Comté de Bigorre en 1415, suite à un accord avec Bernard VII d'Armagnac. Il obtient le gouvernement du Dauphiné en 1416, puis celui du Languedoc en 1434.
Jean Ier ne prend pas position dans le conflit opposant anglais et français, et s'occupe surtout de l'administration de ses domaines. Il meurt en 1436, à Mazères, avec les titres de comte de Foix, de Bigorre, vicomte de Béarn et Villemur.

Lescar - Tombe des rois de NavarreC'est son fils Gaston, né en 1423, issu de son mariage avec Jeanne d'Albret qui lui succède, sous le titre de Gaston IV de Foix-Béarn. Celui-ci épouse Eleonore de Navarre, fille de Jean II d'Aragon et de Blanche reine de Navarre.
Gaston IV combat au côté du Roi de France pendant plusieurs années pour la reconquête de la Guyenne. Il mène de multiples combats : prise de Tartas en 1442, prise de Mauléon en 1449, ainsi que des villes de St Sever et L'Isle en Dodon. Il obtient alors le titre de Lieutenant de l'Armée du Roi en Guyenne. En 1453, il participe à la prise des villes de Dax, Bordeaux et Bayonne. En récompense, le roi de France Charles VII élève le Comté de Foix en rang de Comté-Pairie en 1458.
Cependant, la succession de Navarre provoque de nombreuses querelles, suite à la mort de Blanche, soeur d'Eleonore, et de celui de Charles de Viane, son frère, qui menait une guerre civile pour récupérer la couronne de Navarre. Le royaume revient finalement à Eleonore, après l'arbitrage de Louis XI roi de France et d'Henri IV de Castille, à l'entrevue du Pont d'Osserain en 1462. la couronnne de Navarre revient ainsi à la famille de Béarn, sans que les querelles soient définitivement réglées.
Gaston meurt en 1472 en Navarre, à l'âge de 50 ans. Il est enterré dans l'Eglise des Jacobins d'Orthez.

Son petit-fils François Fébus lui succède.

Les Rois de Navarre :

Armoiries de la famille Navarre - Albret François-Fébus de Foix nait vers 1468, fils de Gaston de Foix et de Madeleine de France, soeur du roi Louis XI. Il hérite à l'âge de 12 ans du royaume de Navarre par sa grand-mère Eléonore, sa mère Madeleine en assurant la régence jusqu'en 1472. Son règne est contesté, les familles de Beaumont et de Gramont s'opposant sur la succession de Navarre. Il meurt d'ailleurs  sans postérité deux ans après le début de son règne, en jouant d'une flûte empoisonnée (1483).
Il avait hérité de son grand-père du comté de Foix, de la vicomté de Béarn, de la co-seigneurie d'Andorre, et était pair de France. Il avait rédigé son testament en faveur de sa soeur Catherine de Navarre.

La principauté de Béarn - XVIème siècle
La principauté de Béarn - XVIème siècle
Après la mort de François-Fébus, Madeleine de France assure la régence pour sa fille Catherine jusqu'en janvier 1484, lorsqu'elle épouse Jean III d'Albret. Elle devient Comtesse de Foix, Vicomtesse de Béarn et est couronnée Reine de Navarre à Pampelune, capitale du royaume. Cependant son oncle Jean de Foix, vicomte de Narbonne, conteste l'héritage de Catherine en invoquant la loi salique, qui n'avait pourtant jamais été appliquée en Navarre. Il réclame le trône, une guerre éclate, jusqu'à la paix conclue à Tarbes le 7 septembre 1497. Mais Jean n'abandonne pas ses prétentions sur la couronne de Foix, et marie sa fille Germaine de Foix avec Ferdinand II d'Aragon en 1505. Ce dernier envoie le Duc d'Albe s'emparer de Pampelune et de toute la Navarre en 1512. La Haute-Navarre est dès lors perdue pour les rois de Navarre.

Leur fils Henri II de Navarre (Henri Ier de Béarn-Albret), prend la succession. Il hérite de son père, en 1516 de la vicomté de Limoges et du comté de Périgord, de sa mère en 1517 du royaume de Navarre, du comté de Foix, de la vicomté de Béarn, de la comté de Bigorre, et de son grand-père, en 1522, de la seigneurie puis du duché d'Albret. Il épouse Marguerite de France (Marguerite d'Angoulême), soeur ainée de François Ier. Il tente avec l'aide de François Ier de recouvrer l'intégralité du royaume de Navarre, mais échoue face à Charles Quint.
Il meurt à Pau en 1555, sa fille Jeanne d'Albret étant son héritière.

Portrait de Jeanne dAlbretJeanne III de Navarre (Jeanne d'Albret), est l'unique héritière du royaume de Navarre et de la principauté des Foix-Béarn-Grailly-Albret. Epouse en première noce du Duc de Clèves, son mariage est cassé. Elle épouse alors en 1548 Antoine de Bourbon, descendant de Louis IX et "premier prince du sang", dont elle eu plusieurs enfants. Très croyante, elle est convertie par Théodore de Bèze au calvinisme en 1560 et installe la Réforme dans ses Etats libres (ne dépendant pas de la suzeraineté du Roi de France), le Béarn et la Navarre. Elle entre par sa volonté d'imposer le culte protestant dans ses Etats en conflit avec son mari Antoine de Bourbon. Celui-ci, devenu devenu chef des troupes catholiques meurt au siège de Rouen le 17 novembre 1562. Jeanne d'Albret est alors complètement libre d'installer en Béarn le protestantisme. Dès le printemps 1563, Calvin envoie des ministres en Béarn. Inspirée par Raymond Merlin de Romans, des mesures sont prises : publication du catéchisme de Calvin en béarnais (1563), fondation d'une académie protestante à Orthez (1566), la rédaction de nouvelles Ordonnances ecclésiastiques (1566, 1571) et la traduction en béarnais du Psautier de Marot, par Arnaud de Salette (1568).
Eglise St Vincent - Temple protestant de 1565 à 1621Un collège est donc installé à Lescar puis à Orthez au couvent des Jacobins, qui s'installent au couvent des Cordeliers. En 1566 le collège devient Académie.
Elle participe aux Guerres de Religions. Face aux oppositions qu'elle rencontre, Jeanne d'Albret gagne La Rochelle avec son fils Henri, alors âgé de quinze ans, pour y rejoindre  Coligny et Condé. Le Roi de France Charles IX tente alors de s'emparer de ses domaines.
Antoine de Lomagne, baron de Terride, est chargé de soumettre le Béarn et de le gouverner pour le roi de France. Bernard d'Arros ne peut s'opposer et il est abandonné par la plupart des seigneurs béarnais. Il est contraint de se retrancher dans Navarrenx. Terride occupe tout le pays, rétablit le culte catholique et commence le siège de Navarrenx (défendue à peine par 500 hommes) le 24 mai 1569. Jeanne d'Albret charge le comte de Montgomméry de former une armée de secours et de délivrer Bernard d'Arros. Montgomméry recrute en Albigeois et en Quercy et mène une campagne foudroyante. Il pénètre en Béarn le 6 août 1569.Le 9 août 1569 il est devant Navarrenx. Terride, à son approche, a levé le siège et s'est retiré à Orthez où, le 15 août, il doit capituler. Les deux armées s'affrontent lors de la bataille d'Orthez, et font un terrible carnage : habitants tués, maisons brûlées, moines et prêtres jetées du Pont-Vieux par "la finestre deus capéraas". Les chefs dont Terride et Gerderest sont amenés à Navarrenx ou à Pau, six d'entre eux sont tués pour crime de lèse majesté. Le culte réformé est rétabli partout. Montgomméry proclame le 2 octobre 1569 à Salies la saisie de tous les biens d'église. Il quitte le Béarn fin octobre laissant pour lieutenants généraux le baron d'Arros et le baron de Montamat qui abolissent l'exercice de la religion catholique le 28 janvier 1570. Prêches et baptêmes par un ministre sont obligatoires, les prêtres doivent choisir entre apostasie ou exil.

Henri IV En 1571, Jeanne parvient à arranger le mariage de son fils Henri III de Navarre avec Marguerite de Valois, soeur de Charles IX. Il est entendu entre toutes les parties que Marguerite ne se convertirait pas au catholicisme. Pour tenir compte des religions des deux époux, le mariage devra être célébré sur le parvis de Notre-Dame, pour qu'Henri n'ait pas a pénétré dans une église.
Jeanne d'Albret meurt à 44 ans le 9 juin 1572, peut-être de tuberculose, peu avant la célébration des noces (le 18 août) et juste avant le massacre de la Saint Barthélémy

Son fils Henri III de Navarre lui succède à la tête de ses domaines. Il devient Roi de Navarre, Comte de Foix et Vicomte de Béarn. né à Pau en 1553, il est le second fils du couple Antoine de Bourbon et Jeanne d'Albret. Il est élevé par sa mère dans la foi protestante, et participe dès l'âge de 16 ans aux Guerres de religion en prenant le commandement de l'armée huguenote. Son mariage avec Marguerite de Valois (la Reine Margot), fille du roi Henri II et de Catherine de Médicis, et soeur des rois François II, Charles IX et Henri III, est négocié pour sceller la réconciliation des partis catholiques et protestants après la paix de St Germain (1570).
La paix est rompue après la Saint Barthélémy, le 24 août 1572, durant laquelle les catholiques pourchassent et massacrent tous les protestants qu'ils rencontrent. Henri ne doit son salut qu'au fait  qu'il abjure la foi protestante, et reste captif à la Cour de France. Il s'évade du Louvres en février 1576, et retourne dans la religion de sa mère. Il reprend la tête du parti Huguenot.
Le roi de Navarre est par son père premier prince de sang, et lorsque le Duc d'Anjou meurt, le 10 juin 1584, il devient héritier du trône de France (Henri III n'a pas de descendance). Cette situation n'est bien sûr pas du tout acceptée par la Saint Ligue Catholique, menée par le Duc de Guise.
La Ligue est soutenue notamment pas le pape Sixte V - qui déclare Henri déchu de ses droits car hérétique et relaps en 1585 - Catherine de Médicis et Philippe II d'Espagne. Le parti du Duc de Guise est en opposition avec le roi de France Henri III depuis quelques années. Ultra-catholiques, ils veulent éradiquer le protestantisme du royaume de France. Très puissants, ils ont leur propre armées. Ils entrent en conflit ouvert avce le souverain français, notamment lors de la journée des barricades, le 12 mai 1588, durant laquelle le roi doit fuir Paris face aux insurrections dues à l'entrée du Duc de Guise dans la capitale.
La contre-offensive menée par Henri III est également sanglante : il fait assassiner ou arrêter les chefs de la Sainte Ligue. Face à la puissance du parti de la Ligue, qui contrôle Paris et la plus grande partie du ropaume de France, Henri III de France s'allie à Henri III roi de Navarre. Leurs armées mettent le siège devant Paris. Mais le roi de France, dernier des Valois, est assassiné à Saint Cloud le 2 août 1589 par Jacques Clément, moine dominicain ligueur.
Portrait de Louis XIII enfant - 1611La succession du trône de France est l'objet d'une guerre acharnée entre Henri III de Navarre, héritier légitime, et les Ligueurs. Ces derniers veulent mettre sur le trône Charles de Bourbon, frère d'Antoine et oncle d'Henri. Les Ligueurs déclarent Charles Roi de France sous le nom de Charles X, mais Henri le fait emprisonner. Charles meurt en détention en 1590. La guerre entre Henri III et la Ligue et sanglante. Malgré tout, les excès des princes de la Ligue et leur trop grand rapprochement avec le parti espagnol leur font perdre peu à peu le soutien des nobles et villes de France.
Mallgré ses victoires militaires, Henri III doit négocier avec les Etats généraux de 1593 pour éviter qu'un autre ne soit désigné Roi. les négociations le conduise à abjurer la foi protestante et se convertit au catholicisme, le 4 avril 1592, par la déclaration dite des "expédients". L'abandon solennelle de sa foi est célébrée le 25 juillet 1593 dans la basilique Saint Denis. Il est ainsi sacré Roi à Chartres le 27 février 1594, sous le nom d'Henri IV. Mais ce n'est qu'après la victoire de Fontaine-Française le 5 juin 1595 que les derniers Ligueurs sont vaincus.
Henri IV parvient malgré tout à conserver la confiance des protestants. Il signe le 30 avril 1598 l'Edit de Nantes, qui autorise la liberté de culte aux huguenots.Cet édit met fin aux guerres civiles.
Henri IV, roi de France, incorpore les Comtés de Bigorre et de Foix aux domaine de la couronne de France en 1607, à l'exclusion des terres souveraines de Béarn et de Navarre.

Après son assassinat de deux coups de couteau le 14 mai 1610 à Paris par François Ravaillac, c'est son fils Louis XIII qui lui succède, alors âgé de 9 ans.

La régence est assurée par la mère de Louis, Marie de Médicis. Pour récupéré son trône, Louis doit entrer en conflit avec sa mère, et fait assassiner en 1617 son favori, Concino Concini. S'ensuivent plusieurs années de guerre civile, la paix n'étant conclue que le 7 avril 1620, après la défaite des armées de Marie à la bataille de Ponts-de-Cé.
Louis décide alors de s'occuper de l'administration de son royaume. Il rétabli le culte catholique en Béarn et Navarre, où la religion du pape était interdite depuis un demi-siècle. Excédé par le manque d'enthousiasme des béarnais, il rattache officiellement ses domaines souverains au royaume de France. Le Béarn est alors annexé à la France en 1620.
Malgré tout, le Béarn conserve toujours son Parlement de Navarre, pour ce qui concerne la justice et les finances. La région conserve donc une semi-indépendance, mais passe progressivement sous influence française. Le pays est raccroché à la principauté d'Auch au XVIIIème siècle.
Les fors de béarn doivent être abandonnés en 1789, en même temps que le gascon, langue de l'Etat souverain de Béarn, peu avant la création du département des Basses-Pyrénées, devenu plus tard les Pyrénées-Atlantiques.

Détail de lEglise de Bellocq - Blason béarnais Ferme béarnaise
Vallée dAspe, les Pyrénées - Vue de Lescun


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